Il y a les robes d'intérieur que l'on cache quand sonne la porte. Et puis il y a celles que l'on assume, que l'on porte avec fierté même pour descendre chercher le courrier. Celle-ci, signée Bahdja, appartient à la seconde catégorie.
L'imprimé est une explosion de bonne humeur. Des motifs floraux dans des tons de rouge, d'orange et de vert olive dansent sur un fond crème. Pas un imprimé militaire, trop parfait. Non, ici les fleurs sont dessinées à main levée, avec des irrégularités qui leur donnent du charme. Elles ne couvrent pas toute la robe – elles s'égarent par endroits, laissent des plages vides, respirent.
La broderie vient se poser par-dessus l'imprimé, comme une signature. Des fils rouges et dorés soulignent certaines fleurs, en relèvent les contours, ajoutent une troisième dimension. La broderie n'est pas dense. Elle est ici et là, sur le décolleté, le long de l'encolure, au bas des manches. Assez pour étonner, jamais assez pour étouffer.
Le tissu est un coton léger qui respire et ne colle pas à la peau. La coupe est ample, généreuse, avec des manches ballon qui se resserrent au poignet par un petit élastique discret. L'encolure est en V, pas trop profond, juste ce qu'il faut pour ne pas se sentir enfermée. La longueur arrive sous les genoux. Une ceinture assortie (en tissu imprimé, sans broderie) permet de marquer la taille en un geste.
Ce que l'on adore chez Bahdja : les petites poches cachées dans les coutures latérales. Assez grandes pour y glisser un mouchoir ou un téléphone. Pratiques et invisibles.
Cette robe se porte pieds nus le matin, avec des mules pour recevoir, ou même en extérieur par-dessus un jean pour un look décalé. L'imprimé et la broderie lui donnent une âme – on ne la porte pas par hasard, on la choisit. Pour celles qui pensent que le confort ne rime pas avec la laideur.